Né à Colombes, en région parisienne le 14 novembre 1973, Stéphane Castry est un bassiste, compositeur, arrangeur et directeur musical d’origine Guadeloupéenne. Artiste prolifique, il a bâti son expérience sur de nombreuses collaborations musicales tant aux Antilles que sur la scène internationale. Avec son style très « colorature », son jeu d’une grande technicité et son groove unique, il a su gagner la reconnaissance de ses pairs et de son public.

Si Stéphane Castry est né dans l’Hexagone, c’est en Guadeloupe, dans l’île de ses parents, qu’il a passé toute son enfance.

De l’âge de 6 ans et jusqu’à ses 19 ans, il grandit à Basse-Terre au son de la contrebasse, du piano et de la guitare, dans une famille de musiciens amateurs au sein de laquelle il aiguise son sens inné de la musicalité.

Très jeune, il pratique le violon grâce auquel il acquière des qualités précieuses pour la suite de son parcours : précision du jeu, justesse, rigueur et sensibilité musicale. Mais à l’âge de 13 ans, quand sa mère lui offre une Yamaha Rax 300, Stéphane peut enfin se tourner vers son instrument de cœur, la basse, encouragé par son oncle Lucien Castry lui-même bassiste et fondateur du groupe Poker JBZ.

 

Des Antilles à Paris

Autodidacte, Stéphane s’imprègne alors de jazz et de funk en écoutant la radio. Il découvre le groupe Sixun et le jeu de Michel Alibo, qui devient rapidement l’une de ses grandes influences. Les années lycée seront celles des petites formations.

Il rencontre les frères Charbonnier du célèbre duo Zouk Look et le talentueux Jean-Louis Mérault, puis participe au groupe J-Sound avec les frères Otvas, Jacky Misat et Joël Nétry. Plus tard, Stéphane jouera également avec le grand Roland Louis, pianiste réputé, ses fils Cédric et Grégory, Félix Saint-Cirel ou encore Anick Noël.

En 1992, Stéphane s’installe à Paris. Il ne rêve pas de devenir une star. Non. Son avenir, il le voit plus sur les tarmacs, en tant qu’aiguilleur du ciel, que dans les salles noires ! Il entame alors des études d’informatique. Mais c’est dans la musique qu’il prendra finalement son envol.

Il entre en 1994 à l’American School of Modern Music. Il a le choix de se consacrer à l’enseignement de l’harmonie et de l’écriture musicale, mais Stéphane préfère s’ouvrir au monde. Dès lors, les propositions du milieu professionnel ne se font pas attendre.

En 1997, il accompagne Jean-Michel Rotin pour son Solo Tour. Pendant ses permissions du service militaire, il remplace Guy N’Sangué en tant que bassiste de Kassav’ et accompagne le groupe jusqu’en 2004.

Les chanteuses Jocelyne Béroard et Joelle Ursull ne s’y trompent pas et lui commandent des chansons.

 

Tournées mondiales et shows TV

En 98, il rencontre les Nubians et part en tournée avec elles au Japon pour leur premier album « Makeda ». L’année suivante, il repart en tournée, avec Faudel et fait la connaissance du batteur David Fall avec lequel il collaborera de longues années.

A cette même époque, il intègre diverses formations tels que « Absoulutely Funk », avec notamment Hervé Rakoto, Stefan Filey, Sandra N’Kaké et Mathieu Thave. Ce groupe accompagnera les émissions des Robins des Bois sur Canal+, et sera à l’origine de nombreuses soirées groove aux Coulisses de Montmartre.

A partir de là, les choses s’accélèrent. Stéphane participe à de nombreux enregistrements d’albums en studio. Jazz, Soul, Afro-Funk, Pop, Raï, Zouk, RnB,… n’ont plus de secrets pour ce bassiste dynamique, qui sait mélanger les styles et proposer des variations inédites au gré de son inspiration.

La liste de ceux qui font appel à Stéphane est longue. Il accompagne Cunnie Williams, puis Sinclair en tournée.

Après un concert pour le prix Nobel de la Paix à Oslo en 2002, la plus grande voix du Bénin, Angélique Kidjo, fait de nouveau appel à lui. Ce sera cette fois-ci pour une tournée mondiale de cinq ans, qui les mènera jusqu’aux plus grands shows de la télévision américaine (Late Letterman, Jay Leno et CBS Early Show), en passant par des festivals internationaux. A partir de 2006, il accompagne une chanteuse qui monte, la talentueuse algérienne Souad Massi. En 2008, il part en tournée avec le très charismatique Keziah Jones, puis en 2010 avec Mayra Andrade (à la contrebasse cette fois).

Parmi ses nombreuses collaborations et tournées, on peut également citer : Chris Combette, Catherine Lara, Philippe Lavil, Ayo, Beethova Obas, Jacques Schwartz-Bart, Asa, Tony Chasseur, Daby Touré, Cheick Tidiane Seck, Irma, Franck Mc Comb, Ludovic Louis, Frantz Laurac, Gny, Victor O entre autres. Il joue également sur le plateau de plusieurs émissions télévisées telles que Taratata, Les victoires de la musique, …

 

Retour aux sources

Au cinéma, il enregistre les musiques de films français tels que « La vérité si je mens 2 », « Taxi 3 », « Gamer », « Funky Cops » (série de dessins animés), « Mais qui a tué Pamela Rose ? » ou encore « La Personne aux deux personnes »… et signe les cordes en studio pour N’Dea Davenport, DJ Abdel, Cut Killer, Stomy Bugsy, Doc Gynéco, Corneille, Sophia Mestary, …

Malgré tout cela, Stéphane Castry n’oublie pas d’où il vient ! De 2002 à 2008, il compose et joue dans le groupe Moun Karayib, au côté de son frère Jérôme, de Willy Salzedo, et d’Olivier Jean-Alphonse. Ce projet est synonyme de retour aux sources, à l’âme de la musique caribéenne acoustique, vivante, au son du gwo ka, de la biguine et du jazz. Plus tard, et parce qu’il a du flair, il réalise également le premier album de Florence Naprix, une jeune chanteuse guadeloupéenne originale et prometteuse.

Toutes ces aventures mélodiques ont permis à Stéphane Castry de devenir un musicien reconnu par ses pairs et capable de s’adapter à toutes les voix, en y apportant son métissage et sa maturité musicale. Son groove particulier, la fluidité de son phrasé, la richesse de ses improvisations et la technicité de son jeu très « colorature », apte à réaliser de périlleuses variations, sont révélateurs de sa personnalité et recherchés.

Doté d’une capacité d’écoute spontanée, toujours enclin à partager et à échanger, Stéphane reste attaché à des valeurs justes et humaines très profondes. Pour lui, « la musique c’est comme un dictionnaire, elle permet de s’enrichir et de se renouveler sans cesse ». Ce mélange de simplicité, d’exigence professionnelle et d’énergie positive se retrouve dans son jeu à la fois accessible, électrisant et catalyseur d’émotions.

 

Sideman, mais pas que…

Depuis 2011, Stéphane assure la Direction Musicale du groupe d’Imany, une artiste qui cartonne.

Aujourd’hui, il se lance dans un nouveau projet, en solo pour cette fois. Une nouvelle pierre qu’il souhaitait ajouter à son édifice. Ce sera fait très prochainement grâce à son premier album, BASSTRY THERAPY.

Un  opus de 15 titres, riche en surprises et qui lui ressemble : authentique, passionné et généreux. Une invitation au voyage et au partage, dans ce qu’il y a de plus groove, avec des styles assumés comme le jazz, la fusion, des accents funky et des mélodies caressantes aux accents de son île d’origine, la Guadeloupe. A découvrir très bientôt…

Carine CORVO – Merci à Karine Lagrenade, Florence Cassange et Caroline Douteau pour leurs contributions.